Les Aborigènes d'Australie

   L’Australie est une terre assez hostile : 43% de la surface correspond à du désert ou des terres arides, 20 % à des terres semi-arides, et 7% à de la roche nue. Plus des deux tiers du continent ne sont pas favorables à la vie, dont Uluru, plus connu sous le nom d’Ayers Rock (signifiant le " cœur mort " ou le " cœur rouge ").

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Les Aborigènes: leur histoire

Les Aborigènes seraient venus de l'archipel indonésien sur des embarcations.[] Il existe plusieurs théories à ce sujet. L’une d’elles avance qu’ils seraient arrivés sur le continent par le nord via Timor il y a 40 000 ans. Une autre suggère qu’ils sont venus par un passage de basse mer entre la Nouvelle-Guinée et l'Australie, au moment où la masse immergée du continent était moins importante. Ces deux théories ne sont pas exclusives, il est aussi possible que plusieurs vagues humaines soient arrivées à différents moments ou en même temps en différents points géographiques du continent.

Les vestiges découverts par les archéologues permettent d'affirmer que la civilisation aborigène existe depuis 40000 ans, néanmoins son histoire connue est beaucoup plus brève, puisqu'elle débute avec les premiers explorateurs de ce continent, les Hollandais.

En 1628, les premiers navires hollandais approchèrent des côtes australiennes. Ils envoyèrent une flotte, mais comme elle fit naufrage, aucune colonie ne s'est établie et l'idée a été abandonnée.

En 1770, Le lieutenant James Cook  prit possession  des deux tiers de l’Australie pour la Grande-Bretagne contre les ordres du roi George III, stipulant qu’il devait d’abord conclure un traité avec la population indigène. Londres déclarant que l’Australie était inoccupée (Terra nullius), l’établissement d’une colonie pénitentiaire fut permis. A ce moment, la population aborigène était estimée à 350 000 individus répartis en 680 tribus, parlant 500 dialectes, dérivés de 200 langues. En 1778, le capitaine Phillip débarqua avec 750 forçats, dont 200 femmes.

Les réactions des Aborigènes, à l'arrivée soudaine des colons britanniques, furent variées, mais inévitablement hostiles lorsque la présence des colons généra une compétition pour des ressources naturelles vitales et l'occupation par les Britanniques de terres aborigènes. Les maladies européennes tuèrent des Aborigènes en grand nombre et l'occupation de terres, accompagnée de l'accaparement ou de la destruction de ressources alimentaires, provoqua des famines.

Aucun traité ne fut signé avec les Aborigènes, ils n'autorisèrent jamais la colonisation.

Les colonies australiennes votèrent pour se fédérer sous une constitution nationale en 1901. Quelques États permirent aux Aborigènes de voter et les autres non.

Les Aborigènes protestèrent contre les endroits qui les excluaient (clubs, piscines…), ils exigèrent un salaire égal aux autres et des droits sur les terres de leur pays. Ils demandèrent un salaire égal à celui des colons salariés, mais les éleveurs ne purent pas employer autant de personnes dans ces conditions, et beaucoup d'aborigènes se tournèrent alors vers des aides financières du gouvernement, ces aides ont été des « sit-down-money » (argent pour s'asseoir) et ont contribué au développement d'une économie factice et destructrice de l'Australie indigène.

Cette colonisation a été catastrophique pour l’Australie : les aborigènes ont été perçus comme des sous-hommes et chassés, décimés par les massacres, les épidémies et les empoisonnements; beaucoup ont été confinés dans des réserves sur les terres les plus pauvres. De plus, les animaux européens qui ont été importés se sont multipliés très rapidement, au détriment de la faune locale.

De 350 000, la population indigène a chuté à quelques dizaines de milliers, à cause de cela, mais aussi parce que les femmes ont refusé de donner la vie dans un tel monde !

De 1910 à 1971, sur ordre du gouvernement, des enfants aborigènes métissés de sang blanc ont été arrachés à leurs mères et placés dans des orphelinats, des missions ou des familles d’accueils censés en faire « de bons petits Australiens ». « Keep Australia White », « L’Australie aux Blancs », était alors le mot d’ordre, et après le génocide dû aux premiers colons, ou le semi-esclavage pratiqué dans les réserves, il ne restait, pour venir à bout de ces « moins qu’humains » et leur faire oublier d’où ils venaient et qui ils étaient, que l’assimilation forcée dès le berceau.

Depuis une restitution partielle de terres à partir de 1976, de nombreux Aborigènes sont retournés vivre sur les lieux de vie de leurs ancêtres desquels ils avaient été chassés. Ces homelands sont, pour eux, leur identité, le lieu de leurs origines, lieu de vie de leurs ancêtres et de leur groupe familial. Ils sont donc pour la plupart concentrés dans les régions septentrionales du pays. Beaucoup vivent dans des réserves appelées « communautés » : il en existe 70 dans les Territoires du Nord[]. Ces groupes subissent les fléaux de l'alcool et de l'acculturation.

 

L’ultime reconnaissance symbolique a eu lieu en février 2008 lorsque le Premier Ministre et le chef de l'Opposition se sont excusés devant le Parlement au nom du peuple australien pour les crimes commis par le passé envers les Aborigènes.

Actuellement, le nombre d’Aborigènes se situe dans les trois cent mille, dont 70% de sang-mêlé.


 On estime qu'à l'arrivée des Britanniques sur le continent, il existait au moins 250 langues en Australie, regroupées en 27 familles linguistiques et réparties en des centaines de dialectes (700 communautés linguistiques). Dans certains cas, une langue ou un dialecte n'était parlé que par une tribu ou un groupe régional, dans d'autres plusieurs groupes régionaux ou tribus parlaient des dialectes d'une même langue. De nombreuses langues ont disparu aujourd'hui, d'autres sont encore parlées par un petit nombre de locuteurs. D'autres encore sont des langues véritablement maternelles et certains groupes ne parlent que très mal l'anglais ou le pidgin et communiquent essentiellement dans leur langue aborigène. Les langues qui sont encore largement parlées aujourd'hui, et qui ne sont pas en voie de disparition immédiate, sont au nombre de 30 environ.



La civilisation aborigène


La plupart des tribus aborigènes croient que toutes les formes de vies, plantes, animaux et humains, font partie d'un vaste et complexe ensemble d’interactions dont l’origine remonte aux grands esprits des ancêtres de l’époque du Temps du Rêve, dont les épisodes ont été transmis par la tradition orale et par des peintures rupestres.


Le monde aurait été formé par les Grands Ancêtres. Ils existaient avant, endormis dans un sommeil éternel, et se sont éveillés pour former le monde. Cette époque est connue sous le nom de Temps du Rêve qui
désigne l’ère qui précède le temps, avant que la Terre ne soit créée, une période où tout n'était que spirituel et immatériel. C’est durant cette période que les Grands Ancêtres ont modelé le monde au gré de leurs voyages. Ces voyages sont le cœur des cérémonies religieuses aborigènes. A noter que ces Ancêtres ne créèrent pas le monde, mais se contentèrent de le transformer à partir de quelque chose qui existait déjà.

Lorsque les Ancêtres furent fatigués de leurs voyages, ils retombèrent dans leur sommeil d’origine, disparaissant dans le sol, ou se changeant en rochers, en arbres qui deviendront par la suite des sites sacrés. Des créatures géantes, comme le Serpent arc-en-ciel, sont sorties de la terre, de la mer ou du ciel et ont créé la vie et les paysages australiens. Leurs corps géants ont créé des fleuves et des chaines de montagne mais leur esprit est resté dans la terre, rendant la terre elle-même sacrée aux peuples indigènes. Seuls les initiés peuvent s’en approcher après avoir accompli les rituels nécessaires.

Non seulement les Ancêtres formèrent le monde, mais ils créèrent aussi la civilisation, donnant à l’homme ce qu’il devait savoir pour survivre, mais aussi pour s’élever spirituellement. Et ils édictèrent une loi : " Voici votre pays ; vous ne devez jamais le quitter, et toujours veiller à ce qu’il reste inchangé. "


Dans l’esprit aborigène, l’homme appartient à la terre, et non l’inverse. De fait, les paysages sont à la fois la biographie et l’arbre généalogiques des Grands Ancêtres. Au travers du Temps du Rêve, il est possible de communiquer avec les esprits et de déchiffrer le sens des mauvais présages, maladies et autres infortunes.


Avant sa naissance, l’homme est purement spirituel. A sa naissance, il est uniquement profane, et a oublié ce qu’il était. Tout au long de sa vie, à travers diverses initiations, il va réapprendre ce qu’il était, se ritualiser jusqu’à sa mort où il redevient spirituel. Le but des initiations est de faire passer le profane dans le monde sacré.


La première initiation a lieu entre 6 et 14 ans, elle dure de quelques mois à trois ans. Séparé de sa mère, l’enfant fait ses premiers pas dans le monde spirituel, par une mort symbolique de ce qui est profane (scarification, circoncision,...).


La deuxième initiation a lieu à 25 ans.


Et ce n’est qu’à 35-40 ans qu’il connaîtra tous les rites et tous les chants.

L’initiation est l’apprentissage de ce qu’il a été.


Homme et femme bénéficient d’initiations différentes, et secrètes pour le sexe opposé. Et chacun bénéficie de sites sacrés réservés à son sexe.


Les tribus sont souvent divisées en clans. Un clan est un groupe de descendance dont les membres disent descendre d'un même ancêtre (réel ou mythique). Les hommes d'un clan épousent normalement une femme d'un autre clan. Les clans australiens peuvent être matrilinéaires, c'est-à-dire que l'appartenance au clan est déterminée en ligne maternelle, mais la majeure partie des clans sont patrilinéaires, c'est-à-dire que c'est l'appartenance clanique du père qui détermine celle des enfants.



Lieux sacrés


 Uluru, ou Ayers Rock, est un haut lieu sacré des Aborigènes.
IMAGE0007(Uluru quand il pleut beaucoup, nous ne l'avons pas vu ainsi, mais cela explique les sculptures de ce bloc...)


Le serpent arc-en-ciel Yurlungur dort dans l’un des bassins du sommet, prêt à conférer des pouvoirs magiques au grand sage qui aura su passer les épreuves.

Malgré les mises en garde, régulièrement des touristes sont victimes d’accident en escaladant Uluru.

  Les Monts Olga, le parc marécageux de Kakadu sont aussi des sites sacrés.

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Certains accordent l’accès à certains de ces sites en échanges d’argent. Si cela peut sembler sacrilège, dans leur esprit, la Terre-Mère continue à subvenir à leur besoin, sous une forme différente.

 Le site d’ Ubir, contient des fresques datant de 20000 ans, où figurent les différentes formes de vie animale, leur relation avec l’homme, ainsi que la venue du " bâton-qui-tue".

De nombreux sites sont interdits au non-initié, et à plus forte raison au touriste.

 

L'art est un élément important dans la culture aborigène. Il est toujours lié à un territoire (itinéraire, site, grotte, point d'eau…). Les Aborigènes célèbrent, chantent, dansent et peignent pour faire vivre l'esprit ancestral créateur du lieu. Ces formes d'expression artistique viennent alors exprimer l'énorme réservoir d'inspiration que constitue le Temps du Rêve.

L'art aborigène a acquis, ces dernières années, un statut d’art moderne.

Pour mieux comprendre leur peinture, voici un site intéressant :

http://peintureaborigene.artspacifique-nc.com/

 

Les Aborigènes ont conservé nombre de chants ancestraux et développé des instruments très particuliers. Le didgeridoo est considéré comme l'instrument le plus représentatif des Aborigènes et certains avancent qu'il est le plus ancien des instruments à vent. Le groupe de rock australien Midnight oil a été un des premiers à intégrer le didgeridoo dans quelques chansons ce qui a fait découvrir cet instrument au grand public. L'un des groupes les plus connus est Yothu Yindi qui est reconnu comme le fondateur du rock aborigène (voir notre page sur notre sono mondiale).

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L'Anneau des Peuples Premiers
réunit des sites en langue française dédiés à la cause des peuples autochtones :http://www.peuples.org/wpp/index.php

 

Notre rencontre avec le peuple Aborigène

Nous avons ressenti tout au long de notre voyage en 1999, un profond malaise : il était très difficile de rencontrer des Aborigènes, de leur parler. Ils fuyaient visiblement les touristes, par peur d’être pris en photo, une représentation d’eux qui leur est inacceptable. Dans les musées sur leur culture, il y avait quelques photos, mais avec des visages découpés. Nous avons essayé d’aller vers eux, mais nous nous sommes vite rendu compte que c’était très compliqué pour eux, nous leur faisions peur. Les seuls avec lesquels nous avons pu discuter ont été des artistes exposant leurs œuvres dans des galeries à Alice Springs ou Darwin. Voilà pourquoi, cette page ne comprend aucune photo de ce peuple.

L’histoire récente a peut-être fait évoluer la situation.

Pour en apprendre un peu plus sur ce peuple passionnant, rendez-vous sur notre page-lecture.

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